The Philosopher Eric Levergois’s Essay About Cristina Rodriguez’s Painting "The Incredible Story of Isabel Godin"
Au Cœur d'un Monde Lointain
Le peintre récrée une vie nouvelle pour les êtres et les objets qu'on pensait connaître: ici, ils deviennent la source de fables et de formes profondes. Mais ce ne sont pas simplement des récits pour les enfants, où pour les rêveurs d' un jardin enchanté. Le tigre noire qui figure une branche monte dans un air dense et vert qui vient d'être quitté par des oiseaux multicolores, avec des lianes, avec des fonds obscurs: et l'on se sent comme un explorateur prisonnier d'un territoire allégorique et végétal où se meuvent des présences, où la pointe animée et souffrante de maisons de soleil, de fruits nés dans les mers, où des plantes avec des feuilles d'un doux granit bleuté semblent pousser au bord d'une allée au centre de la terre. Retrouver l'offrande primitive d'une pierre, d'un vase qui pousse comme un arum, suivre la courbe d'une île dont le dos ondule, tout cela offre un paradis qui sort d'une douleur silencieuse et où vit une volupté avide. Devant ces formes, le spectateur se demandera toujours à quelle humanité antique il est redevable, et il pensera que pierres forêts et bateaux obéissent au langage d'une humanité lointaine, infiniment diverse, tirée des confins de la terre.
Eric Levergeois
Philosophe
2015
At the Heart of a Faraway World
Translated by Dr. Ariane Galy (2024)
Translated by Dr. Ariane Galy (2024)
The painter creates a new life for the objects and beings that we think we already know: here, they transform into the source of fairytales, acquiring profound qualities. But they are not simply children’s tales or for those who dream of magic gardens. The black tiger appearing on a branch, ascends into a green and dense atmosphere of creepers and obscure depths, from where multicoloured birds have just taken flight. We feel like an explorer who has become a prisoner of an allegorical and vegetal world where shapes shift. It is ‘où la pointe animée et souffrante de maisons de soleil’ and fruits borne of seas where plants with leaves of a soft granite-blue seem to grow at the sides of the centre of the Earth’s alleyways. Rediscovering the primitive shape of a rock or of a vase that grows like an arum, following the curve of an island whose edges undulate: all this proffers a paradise that is emerging from a painful silence and where intense pleasure lives. Confronted with these shapes, and believing now that rocks, forests and boats obey the language of a distant humanity, the observer will forever ask themselves to which ancient humanity they are beholden - one that is infinitely diverse and drawn from the furthest confines of the earth.
Eric Levergeois
Philosopher
2015



